Groupes de travail

Les midis-débat du CERT

A partir du mois de septembre, le CERT organise un midi-débat auquel sont conviés les membres des groupes de travail et les doctorants afin de discuter de leurs projets de recherche respectifs. Ces séances sont une occasion de développer des axes de recherche transversaux. Les doctorants sont invités à y présenter leurs travaux. A chaque séance, nous débattrons d’un thème lié aux processus de radicalisation ou aux dispositifs de prévention.

Prochaines séances :


Radicalisation et prison

Coordination par Giorgia Tiscini

Le Groupe de travail « Radicalisation et Prison » a pour objet le phénomène de la radicalisation en détention. Le point central de notre recherche est l’effet de l’acte, crime ou délit, qui peut conduire chez certains sujets à une recrudescence de la haine, de la violence et à la tentation d’accepter l’offre extrémiste. A quel besoin correspond ce recours ? En quoi la radicalisation paraît-elle être une solution pour le sujet de l’acte ? L’étude de ces questions basées sur la clinique, nous permettra d’envisager différentes stratégies de traitement pour prévenir la répétition et la récidive. Nous travaillerons en collaboration avec le Groupe de Recherche, d’Études et d’Enseignements sur les Prisons (GREEP).

Contact : g.tiscini@gmail.com


Clinique de la radicalisation et études de cas

Coordination par Thierry Lamote & Isée Bernateau

Ce groupe de recherche vise à élaborer un travail théorique fondé sur des études de cas. Il s’agit de conceptualiser d’un point de vue clinique les phénomènes de radicalisation, en situant ces derniers au point de jonction entre le sujet et le lien social. Nous étudierons les processus inconscients mobilisés dans l’adoption de l’idéologie radicale et dans les passages à l’acte violents. Nous inscrirons en même temps ces processus psychiques dans le contexte culturel et sociétal qui les a vus naître. Nous tenterons de discerner les points de résonance, de corrélation et d’opposition entre la radicalisation telle qu’elle se produit dans la cité et aux marges de celle-ci, tel que dans le milieu carcéral, qui est l’objet d’étude du groupe « Radicalisation et prison » avec lequel nous travaillerons étroitement.

Contacts : thierry_lamote@yahoo.fr, isee.bernateau@orange.fr


L’évaluation individuelle des radicalisés

Coordination par Tamara Guénoun et Sarah Troubé

Ce groupe de travail a pour objectif de concevoir une méthode d’évaluation des personnes radicalisées qui ne se limite pas à repérer des signes comportementaux mais qui prenne en compte la dimension subjective du processus de radicalisation. A cette fin, il s’agit dans un premier temps de dresser un inventaire sur le plan international des outils d’évaluation individuelle des personnes radicalisées pour étudier leurs soubassements méthodologiques et épistémologiques. Dans un second temps, nous considérerons le développement et la validation d’un outil diagnostic basé sur une approche qualitative.

Contacts : tamaraguenoun@gmail.com, sarah.troube@gmail.com


Passage à l’acte et action violente

Coordination par Laure Westphal & Yorgos Dimitriadis

Ce groupe de recherche se propose d’examiner les différentes modalités d’exercice de la violence dans le processus de radicalisation. L’acte violent n’est pas nécessairement un passage à l’acte au sens psychopathologique rigoureux. L’expérience clinique nous enseigne que cela peut être le cas, mais pas toujours, quand bien même l’adhésion récente du sujet à une idéologie radicale le laisse supposer. Le sujet peut avoir mûri le choix de l’action violente. Une clinique différentielle entre le passage à l’acte et l’action violente nous incite à interroger les motivations conscientes et inconscientes qui conduisent un sujet à souscrire à une idéologie radicale sous-tendue par un discours meurtrier. A quelles conditions, l’articulation entre l’individuel et le collectif, conduit-elle à la violence ?

Ce groupe organisera un workshop au mois d’octobre 2018

Contact : laure_westphal@hotmail.fr, dimitriadisyorgos@gmail.com


Evaluation des dispositifs de prévention

Coordination par Sabine Choquet

L’objectif de ce groupe est de travailler sur la question de l’évaluation des programmes de prévention de la radicalisation dans une perspective interdisciplinaire et comparative. L’évaluation soulève un ensemble de questions et de problèmes qu’il ne faut pas éluder.

  1. Les critères et le sens de l’évaluation
    Le premier axe de ce groupe s’interroge sur les critères d’évaluation des dispositifs de prévention. Comment déterminer des critères d’évaluation sans prendre en considération les objectifs des programmes de prévention ? Peut-on juger de la réussite d’une action préventive sans prendre en considération le public auquel elle s’adresse ? Il se peut que certains dispositifs fonctionnent très bien pour une population définie, mais se révèlent un échec pour d’autres. Evaluer suppose de prendre en considération les objectifs d’un programme et le public pris en charge. Plus encore, elle requiert de considérer les théories cognitives du changement sur lesquelles ce dispositif est fondé. Certains programmes prétendent « déradicaliser » les personnes, alors que d’autres visent simplement à les « désengager » de l’action violente. Il faut donc examiner au cas par cas ce que visent ces programmes, analyser leur fonctionnement et les grilles d’évaluation sur lesquelles ils se fondent.
    La question de l’évaluation n’est pas simple et implique le concours des personnes concernées et des structures évaluées. Sans consentement ni concertation, l’évaluation risquerait bien d’échouer car elle ne peut s’effectuer « de l’extérieur ». Elle ne doit pas se faire au dépend des personnes impliquées dans les programmes de prévention, mais au contraire les impliquer. C’est donc sur le modèle de la co-construction que ce groupe prétend évaluer les structures. Il travaille en partenariat avec les associations, les structures de prise en charge et les personnes du gouvernement responsables de ces programmes.
  2. Les moyens et les outils
    Evaluer implique de concevoir des outils adaptés aux dispositifs de prévention de la radicalisation. Aujourd’hui les tentatives d’évaluation menées par certaines structures de prise en charge se fondent sur des critères qui ne sont pas toujours lisibles. Ce groupe de travail impliquera des scientifiques de plusieurs disciplines qui auront pour objectif de concevoir des outils mixtes, qualitatifs et quantitatifs, en prenant en considération les différentes initiatives déjà menées au niveau international.
  3. Le rôle du thérapeute dans le dispositif de prévention
    Enfin la spécificité du CERT étant sa dimension clinique, nous nous intéresserons au rôle du thérapeute dans les dispositifs de prise en charge et de prévention de la radicalisation. Quel rôle joue-t-il ? Quelle est sa position ? La psychothérapie a-t-elle fait ses preuves pour aider les personnes à sortir de la logique de la violence ? Et si oui, dans quel cadre et pour quel public ? Dans les prisons et dans les SPIPS les psychologues ont pris une place importante dans les dispositifs d’accompagnement des personnes radicalisées, mais il conviendra d’analyser l’impact de cette prise en charge et les conditions dans lesquelles elle s’effectue.