La recherche

Les entrevues de recherche

L’entrevue exclusive de juillet: Vincent de Gaulejac

L’entrevue exclusive de juin: Anne Muxel et Olivier Galland

Recherches en cours

Eval 2018

Évaluation scientifique des mécanismes de prévention (prévention secondaire et tertiaire) – Belgique, Danemark, Grande-Bretagne, Canada, France, Suisse et Allemagne

Date de début de contrat :
15 février 2018

Date de fin de contrat :
15 février 2020

Durée :
24 mois.

Organisme financeur :
Mission de recherche « Droit et justice ». Réf. 17.49

Partenaires :
Ecole Normale Supérieure de Lyon (ENS)

Coordinateurs du projet :
Sabine Choquet (CERT, IHRIM) et Didier Ottaviani (IHRIM, ENS-Lyon).

Cette recherche a pour objet de proposer une évaluation scientifique sélective de programmes de prévention de la radicalisation (prévention secondaire et tertiaire) mis en place en Belgique, au Danemark, en Grande-Bretagne, au Canada, en France, en Suisse et en Allemagne.

Prenant pour point de départ les panoramas des dispositifs de prévention de la radicalisation réalisés par plusieurs équipes de recherche partenaire, elle sélectionnera deux ou trois initiatives novatrices dans chacun de ces pays.

Les responsables et les intervenants de ces programmes seront directement impliqués dans la définition des objectifs, des outils et des critères retenus pour l’évaluation. Cette démarche participative est indispensable pour que les responsables de ces programmes comprennent qu’une évaluation est un processus qui ne doit pas être vécu comme une contrainte. Elle est au contraire partie intégrante d’un programme de prévention qui se veut adapté et efficace. Une évaluation subie de l’extérieur manque son objectif qui est de permettre aux personnes impliquées de parvenir à une meilleure adéquation entre les objectifs visés et les résultats obtenus. Ce travail requiert la participation pleine et entière des personnes concernées et impactées par les résultats de ces évaluations.

Ce programme de recherche est mené par une équipe interdisciplinaire et internationale qui a mis en place une méthode inédite d’évaluation grâce à la consultation de multiples acteurs engagés dans le domaine de la prévention. Elle s’appuie sur une méthodologie mixte qualitative et quantitative qui a été élaborée et déposée en 2017.

ReMous

Religions monothéistes et mouvements sociaux d’émancipation : continuités et transformations dans la constitution des sujets critiques.

Date de début du projet scientifique :
Avril 2018.

Durée :
42 mois.

Organisme financeur :
ANR 402. Référence du projet : ANR-17-CE41-0006

Consortium, trois partenaires porteront ce projet :

  • le LIER/IMM (Laboratoire interdisciplinaire d’études sur la réflexivité (LIER), hébergé à l’Institut Marcel Mauss (IMM)) à l’EHESS,
  • le CRPMS (Centre de recherche psychanalyse, médecine et société) à l’Université Paris-Diderot (Paris 7)
  • le CRH (Centre de recherches historiques) à l’EHESS.

Le premier représente la philosophie et la sociologie, le deuxième la psychanalyse, le troisième l’histoire. Au sein du projet, ces quatre disciplines travailleront ensemble dans trois équipes ; par cette approche transversale nous visons à produire d’importants effets de synergie.

En fonction des trois champs de recherches nommés il y aura trois équipes de chercheurs titulaires . I/ La première, sous la direction de Bruno KARSENTI (LIER/IMM) et de Fethi BENSLAMA (CRPMS), rassemblera Danny TROM (LIER/IMM), Gildas SALMON (LIER/IMM), Julia CHRIST (Curapp_LIER/IMM), Isabelle KALINOWSKI (Transferts culturels), et Pierre-Henri CASTEL (LIER/IMM). II/ La deuxième sous la direction de Frédéric BRAHAMI (CRH) rassemblera Maurizio GRIBAUDI (CRH), Sabina LORIGA (CRH), Samuel HAYAT (CERAPS/Univ. Lille), Jean-Philippe HEURTIN (IEP Strasbourg_LIER/IMM), Florence HULAK (Labtop_LIER/IMM), Pierre CHARBONNIER (LIER/IMM) et Yannick BARTHE (LIER/IMM). III/ La troisième sous la direction d’Irène THERY (Centre Norbert Elias) rassemblera Julie MAZALEIGUE (Institut des Sciences Juridique et Philosophique de la Sorbonne), Nadia SETTI (Paris 8-Legs), Laurie LAUFER (CRPMS), Edouard GARDELLA (Centre Max Weber_LIER/IMM), Thierry LAMOTE (CRPMS) et Stefania FERRANDO (IEP Strasbourg_LIER) et Geneviève FRAISSE.
Coordinateur du Projet : Bruno Karsenti (Institut Marcel MAUSS).

Penser l’émancipation moderne implique souvent de nier l’apport de la religion. Elle y entre soit comme objet de la critique, soit comme critique conservatrice. Par notre projet on se propose de contredire cette conception du lien entre religion et émancipation. Notre thèse est la suivante : les religions monothéistes, grâce à leur logique interne articulée autour du concept de justice, non seulement ont contribué mais peuvent contribuer encore aujourd’hui à mettre en forme des revendications subjectives qui sont directement en prise avec le projet critique de la modernité. Cette thèse implique que nous considérons la religion comme partie prenante de la modernité, et non comme son opposé.

Nous partons du principe suivant : si la religion apporte spécifiquement quelque chose à l’émancipation de nos sociétés modernes, c’est chez les individus, leurs prises de position réflexives et leurs activités critiques que l’apport de la religion au projet collectif d’émancipation des sociétés modernes doit être recherché. Car les sociétés modernes se caractérisent par ceci que l’idée d’émancipation y est inextricablement liée à l’activité critique des acteurs sociaux eux-mêmes. En elles, critique et émancipation sont liées au retour réflexif opéré par des individus socialement constitués sur la société, sa normativité propre et ses promesses de justice. Par conséquent, une recherche qui porte sur le lien entre religion et émancipation dans la modernité se doit de loger leur nouage précisément dans la subjectivité critique : dans ce que la religion fait faire aux sujets ou leur permet de faire.

Tel est en effet notre approche du lien entre religion et émancipation qui se trouve au fondement de la thèse centrale de notre projet : creuser le rapport entre religion et émancipation dans la modernité signifie comprendre la religion comme une forme de réflexivité qui permet aux sujets de critiquer le projet moderne dans ce qu’il a d’inabouti. Par conséquent nous étudierons la religion exclusivement sous l’angle de son apport à la constitution des subjectivités critiques. Et nous soutenons qu’elle est un facteur important dans cette constitution, y compris dans la modernité.

Pour développer cette thèse, on s’appuie sur l’anthropologie politique de Freud pour qui la religion est le modèle d’une pratique collective protégeant la critique individuelle contre la folie. Freud démontre en effet que l’individualisation du sujet dans son rapport à la loi commune – donc le mouvement d’émancipation des sociétés modernes –, produit une constellation nouvelle : désormais le conflit du sujet désirant avec la loi instituante (la société), s’exprime sous forme de névrose, voire de folie, là où auparavant le collectif (oscillant entre respect du tabou et transgression du tabou) assumait ce conflit. De ce fait, les sociétés modernes ouvrent une double possibilité : premièrement celle précisément de la névrose, voire de folie. Mais, deuxièmement, outre la névrose c’est un processus de civilisation qui est rendu ainsi possible, justement par l’autoconstitution réflexive des sociétés à travers le retour des individus sur la normativité qui les fait penser et agir. En donnant aux individus un langage d’idéaux collectifs – notamment de justice – issus de pratiques communes et consignés dans des textes, la religion leur permet de s’opposer à la loi instituée en s’appuyant sur ces idéaux. De cette sorte, la religion étaye le mouvement critique des individus en mettant à leur disposition un langage de justice partagé bien que sa portée normative transcende la justice réalisée dans les sociétés concrètes.

On examinera ce rôle du langage religieux pour la critique à travers : 1/ le mouvement ouvrier et son rapport pratique ambigu à la religion. 2/ le mouvement féministe, qui met radicalement à l’épreuve notre hypothèse de recherche postulant un lien fort entre les monothéismes et la recherche d’appuis pratiques et symboliques des politiques d’émancipation.

Recherche Action clinique du Centre de Prévention, d’Insertion et de Citoyenneté (CPIC) à Pontourny

En mars 2015, le Comité Interministériel pour la Prévention de la Délinquance (CIPD), devenu par la suite CIPDR, en ajoutant à sa dénomination initiale « la radicalisation », dont le secrétaire général était à l’époque le préfet Pierre N’Gahane, a décidé le lancement d’un projet de « Création d’une structure pour les personnes de retour de zone de conflit », selon les termes officiels. Il ne fait pas de doute que ce projet était autorisé par le ministre de l’intérieur et par le premier ministre, dont dépendait le CIPDR. Le document qui fixe le cahier des charges (18 mars 2015) définit en ces termes la mission du centre « L’objectif de la structure est la réintégration sociale, le traitement psychologique et la réinsertion professionnelle des jeunes majeurs radicalisés de retour de zones de combat qui ne sont pas sous main de justice. » L’idée centrale concernant ladite structure était de s’inspirer du modèle des EPIDES : « Établissements pour l’insertion dans l’emploi » qui ont pour mission l’insertion sociale et professionnelle de jeunes en difficulté sociale, sans qualification ni emploi, grâce à un parcours individualisé. Ces établissements ont connu depuis 10 ans, beaucoup de succès, grâce à la qualité de l’accompagnement des candidats, sur la base du volontariat et de l’engagement contractuel.

Le dossier complet (PDF)